Lutte contre le travail des enfants

Lutte contre le travail des enfants

Une coalition nationale installée pour la création de zones libres de travail des enfants

Cette coalition nationale composée de différents acteurs intervenants sur la problématique de l’enfanceest dénommée « rêve d’Omar ». Une inspiration qui part de l’expérience d’un jeune garçon de 7ans au Maroc, Omar qui a été affecté par des produits chimiques (utilisés pour nettoyer et conserver du cuir) au lieu de son travail dans une tannerie. Il devait satisfaire « désespérement » sa famille. Ainsi la mise en place de cette coalition vise à créer des zones libres de travail des enfants afin de promouvoir l’éducation pour tous et de qualité. Surtout pour la région de Kédougou où l’école est en dégringolade dans les zones d’orpaillage.

Concrétement, l’idée est de « mettre en place un cadre multidimensionnel et multisectoriel pour lutter contre le travail des enfants ». Et de façon spécifique, répertorier les acteurs intervenant dans la lutte contre le tarvail des enfants, metre en exergue l’axe stratégique du plan cadre national en relation avec la politique nationale de l’éducation, promouvoir la coopération entre les différents acteurs pour lutter contre le travail des enfants, définir des axes stratégiques permettant des synergies entre acteurs pour prévenir le travail des enfants dans les aires géographiques ciblées, entre autres. Ainsi la coalition ambitionne pour se faire, d’expliquer aux communautés ciblées ( des 7 zones géographiques pour abriter l’expérimentation des zones libres du travail des enfants), l’importance de l’éducation des enfants et les moyens de subvenir à leurs besoins parallèlement, d’aider les acteurs des droits des enfants à s’organiser et à promouvoir la coopération entre toutes les parties (organisations locales, syndicats, gouvernement, employeurs, parents, enfants…) « pour rendre effective la transition du travail à l’école ». Mais aussi mener des campagnes de plaidoyer et de lobbying pour la mise en oeuvre par le gouvernement sénégalais de la stratégie nationale pour la protection de l’enfance entre autres missions. Parce que « le travail des enfants est un phénomène préoccupant. Plus d’un million trois cent mille enfants sont actifs au Sénégal (pêche, artisanat, agriculture). Il faut que les acteurs impliqués s’organisent pour mutualiser leurs efforts. Et cette coalition est un préalable pour la mise en place d’un manuel de procédure » a estimé Cheikh Fall, coordinateur du programme et président du comité intersyndical de lutte contre les pires formes de travail des enfants.

Un phénomène à risque

Il n’a pas d’ailleurs manqué de saluer l’environnement social et juridique « favorable » de notre pays. Pour Fatimata Kane, coordinatrice nationale du projet Bit/itec, de prévention et de lutte contre le travail des enfants au Sénégal « l’initiative s’inscrit dans le processus global en cours pour la création d’un environnement favorable à la réalisation des droits de l’enfant, à un épanouissemnt et un environnment favorable à l’enfant. » Elle s’est dit « convaincue que l’Etat s’est engagé dans un processus qui à terme, va permettre le développment de l’enfant. » Non sans dénoncer que « les pires formes de travail des enfants ont un impact dans leur intégration sociale et dans leur développment et les conduisent à mener des activités illicites. » Elle a attiré l’attention que ces jeunes (que l’on retrouve au niveau des carrefours, autour des marchés) vont constituer une bombe pour le Sénégal. Avant d’appeler « à plus d’initiatives en direction des communautés (plaidoyer). De son côté, Niokhabaye Diouf, directeur des droits, de la protection de l’enfance a soutenu que « près de 1/3 des moins de 15 ans est très actif en 2013. Au niveau scolaire, on assiste à des echecs et des déperditions qui compromettent l’éducation des enfants, leur insertion socio-économique » a-t-il ajouté. Il a toutefois salué la « volonté politique » du gouvernement d’apporter « des solutions à la persistence du phénomène » qu’il explique par des raisons de pauvreté et de sous développment Selon lui, cette coalition d’acteurs engagés est une initiative qui va attirer l’attention sur le danger du travail des enfants.

L’épineux cas de Kédougou

Selon Mme Fatimata Kane Sarr, coordinatrice nationale du projet Bit/itec, de prévention et de lutte contre le travail des enfants au Sénégal, une étude de base dans la région a permis d’identifier 1 109 enfants de moins de 15 ans réellement impliqués dans les sites d’orpaillage. « Et parmi ces enfants il y avait 123 enfants migrants venant de la Guinée Bissau, de la Guinée Conakry et du Mali » a–telle précisé. La particularité de la région a-t-elle poursuivi, est que les gens creusent des trous petits où il n y a que les enfants qui peussent entrer la dedans et on utilise des enfants et souvent ils sont ensevelis la dedans et ils meurent. C’est une situation intolérable au niveau de la région de Kédougou ». Une région qui, aujourd’hui « risque à moins terme d’avoir des écoles abandonnées.Tous les enfants et des maitres sont dans les djouras (sites d’orpaillage traditionnel) a fait comprendre Cheikh Fall, coordinateur du programme et président du comité intersyndical de lutte contre les pires formes de travail des enfants. Mais actuellement, a estimé Mme Fatimata Kane Sarr, la mise en place d’un programme d’actions a permis de prévenir le travail des enfants dans cette zone, de les retirer dans les sites d’orpaillages et leurs mamans ont été capacité et ont reçu des fonds de roulement pour pouvoir avoir des activités génératrices de revenus.

Amadou DIOP

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