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Kédougou : Tombon Tounkara répond à l’appel de PMC et s’engage dans la production horticole

Le vaste programme de restauration des moyens de subsistance mis en place par PMC intéresse bon nombre de producteurs des villages limitrophes de la mine. Le site echosdescollines.com dresse le parcours de Tombon Tounkara qui tient par le bon bout la perche tendue par PMC.

C’est avec beaucoup de fierté que Tombon Tounkara raconte ses premiers pas dans ce projet auquel il tient beaucoup.

« Je dois cette initiative à la société PMC qui nous a mobilisés dans la production de bananes. Au début, nous travaillions sur les sites de Bowoyoto et de Badala dans le village de Tambanoumouya. Notre production ne pouvait pas couvrir la demande en légumes formulée par ATS. Nous allions souvent acheter d’autres légumes à Kédougou pour compléter la commande de l’ATS. C’est ainsi que j’ai décidé d’aménager cet espace pour pratiquer du maraîchage à grande échelle ici dans notre ancien champ familial. Le grand périmètre maraicher que vous apercevez là-bas a aussi été érigé sur nos terres. Nous y avons 1 ha de plantations de manguiers. Au début, je travaillais avec le grand groupe mais, j’ai compris qu’il serait mieux que je puisse m’isoler pour tenter une aventure personnelle et me positionner ainsi comme un véritable entrepreneur agricole.

M Tombon Tounkara se souvient encore des efforts physiques et financiers qu’il a dus fournir pour franchir toutes ces étapes. C’est avec de fierté et d’assurance qu’il nous a fait visiter sa parcelle.

« J’ai fait couper les arbres à l’aide d’une tronçonneuse mise à la disposition de l’union par PMC pour aider les producteurs membres dans l’aménagement de leurs parcelles agricoles. J’ai dépensé 120 000 FCFA pour cette tâche. J’ai fait couper du bambou pour 40 000 FCFA. Le bambou n’a pas suffi, j’étais obligé d’en ajouter en allant couper moi-même. J’ai fait transporter une partie du bambou à 50 000 FCFA par camion et une autre partie par tricycle à 20 000 FCFA. Je me suis engagé personnellement pour creuser les trous. J’ai fourni beaucoup d’efforts au cours de la pose de cette clôture. Je quittai la maison tôt le matin pour ne revenir que le soir à la maison. Je travaillais toute la journée. Quand je sentais la fatigue, je me reposais avant de reprendre le travail. Je ne finissais ma journée qu’au crépuscule. Dieu merci j’ai pu réaliser cette clôture en bonne santé et en toute sérénité. J’ai beaucoup souffert dans ce travail. Le fil de fer seulement m’a coûté une fortune. J’ai envie de faire des résultats sur cette parcelle, c’est pourquoi, j’ai accepté de faire tout cet investissement »

En prenant cette initiative personnelle M Tombon Tounkara a su compter sur ses propres ressources en évitant de contracter tout crédit tout au début de son projet. Il a très tôt su contourner ce piège.

 

« Il faut savoir se débrouiller avec les moyens dont on dispose. Je ne pouvais pas économiser autant d’argent pour ensuite démarrer ce travail.  J’ai pris l’option d’entamer le travail en fonction des ressources disponibles sans prendre de crédit. Le crédit à un coût et des intérêts à supporter. J’avais l’intention de mobiliser les recettes de la vente des calebasses pour pouvoir m’acheter une motopompe. Mais avec l’aide de Dieu, j’ai pu mobiliser ailleurs 800 000 FCFA sans avoir attendu les recettes de la vente des calebasses. Si je parvenais à réunir ces recettes, je serai très content. La production de calebasse a été la première activité rentable que j’ai pu dérouler sur ce site.  Je vendais une seule calebasse entre 1500 FCFA et 3500 FCFA voire 5000 FCFA. J’en avais beaucoup vendu à 4000 FCFA l’unité »

Grâce aux conseils des encadreurs de PMC, Tombon Tounkara résiste à la jalousie de son entourage qui doute encore de la provenance réelle de la motopompe qu’il affirme avoir acheté sur fonds propres.

« A chaque fois que je parlais de mon projet à Hamady Séga Kanté, il m’encourageait toujours en me disant que le bien propre était meilleur que le bien collectif. Ainsi j’ai fait du courage, de la persévérance et de la foi en Dieu des alliés. J’ai pu m’acheter une motopompe que j’ai présentée à Hamady Séga Kanté en exprimant mes besoins en tuyaux. Il m’a promis de transmettre ma demande à ses supérieurs. Et quelques temps après, j’ai pu recevoir une dizaine de tuyaux .Ce soutien de PMC m’a beaucoup soulagé. J’ai acheté la motopompe à 800 000 FCFA sur fonds propres. Certains disent qu’on me l’a offerte gracieusement. Je sais personnellement que je l’ai achetée à la sueur de mon front. Nous livrons régulièrement nos produits à l’ATS. Je suis conscient qu’en produisant moi-même je profiterai plus de cette collaboration avec l’ATS »

 M Tombon Tounkara a bien pris conscience et profite bien des expériences des autres producteurs que PMC a formés comme éclaireurs dans la zone. Avide de savoirs, il ne se lasse jamais d’apprendre des autres en continuant à demander des conseils à ses proches sur certains détails qu’il ignore. Poursuivant la visite guidée Tombon Tounkara n’a pas hésité de dévoiler ses plans.

 « J’ai un peu perdu du temps en plantant ces bananiers mais quand même ils commencent de produire des fruits. Je suis toujours en phase d’expérimentation. Ces bananiers n’ont pas encore 6 mois. Je suis en train d’apprendre à produire des bananes de qualité. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Je continuerai à prendre mon courage entre les deux mains. Cette pépinière de piment est programmée pour l’hivernage. J’en ai parlé à Hamady Séga Kanté pour pouvoir bénéficier d’un accompagnement. Je pourrai éventuellement demander les conseils de mon frère qui est aussi jardinier à Kédougou. Déjà, la première expérience dans la production de piment m’a rapporté beaucoup de recettes qui m’ont permis d’assurer l’achat de carburant pour le fonctionnement de la motopompe. Après chaque vente, j’ai mis un peu d’argent à côté pour pouvoir acheter du gasoil. Je n’ai ni contracté de dette ni gardé de l’argent à la banque mais à force d’y travailler, je pourrai capitaliser beaucoup d’expériences ».

Au regard de ces résultats, la restauration des moyens de subsistance est en train de devenir aussi une réalité à Tambanoumouya.

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