Kédougou : Thierno Saliou Sidibé, notable au quartier mosquée de Kédougou se confie

« J’ai quelques souvenirs que je garde encore en tête. Je me souviens encore alors que j’étais tout jeune… »

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Les paroles s’envolent, les écrits restent, echosdescollines.com essaie de reconstituer l’histoire de Kédougou à travers quelques souvenirs  que de vieilles personnes gardent encore de cette terre des hommes. M Thierno Saliou Sidibé, notable au quartier mosquée de Kédougou a bien accepté de se soumettre à cet exercice souvent difficile.

Quels sont les souvenirs que vous avez de Kédougou ?

« J’ai quelques souvenirs que je garde encore en tête. Je me souviens encore alors que j’étais tout jeune. Je vais vous parler de mes souvenirs de la première école de Kédougou. C’est après cette école que fut créée l’école Bakary Dansokho.

L’épidémie des années 50

« Dans le début des années 50, il y avait eu une épidémie et il fut décidé de garder les élèves à l’école. Je me souviens qu’à midi, les plus jeunes pleuraient car nous n’avions pas l’habitude de rester à l’école au-delà des heures de cours. Nous nous demandions ce que nous allions manger ici. C’était une grande épidémie, ceux qui étaient atteints mourraient à la seconde. Et la zone de quarantaine se trouvait au lieu actuel des Travaux Publics(TP). Alors on nous a gardés à l’école et il y avait une vielle femme qui était là, qui cuisinait pour nous. Je me souviens encore de cela. J’étais très jeune mais cela a été très dur car pour un enfant, être parqué quelque part sans ses parents et sans droit de visite. Même pour les repas qui nous étaient destinés nous arrivaient par l’intermédiaire du gardien. Nous étions nombreux et on nous préparait sur place du n’importe quoi ; seulement, nous étions obligés de manger cela pour survivre.

L’incendie de l’école

« Après cela, l’école a été incendiée, et le bon vieux Alpha Diakhaby a brûlé là-dedans. Les élèves avaient été transférés à l’école régionale qui porte maintenant le nom de Bakary Dansokho. D’autres étaient restés là en attendant que l’on reconstruise l’école. C’est ainsi que l’école municipale, plus tard Ibrahima Danfakha, fut créée. Certains élèves y furent transférés et d’autres restèrent à l’école régionale. En ce temps, moi j’avais quitté Kédougou pour aller en Casamance chez ma grande sœur qui y était avec son mari Directeur d’école. Ce dernier avait demandé que je le retrouve en Casamance pour pouvoir poursuivre mes études. En 1959, nous avons quitté Kounkané pour aller à Tambacounda passer le Certificat d’Etudes Primaires et Elémentaires (CEPE) car les élèves de Vélingara passaient leur examen à Tambacounda à l’époque. Et il n’y avait pas de moyens de transport. Puis je suis allé à Kaolack, j’y ai passé un an à l’école privé Samba Diéry Diallo. C’est de là que je suis revenu. Je suis resté ici deux ans à ne rien faire ».

Son parcours professionnel

« En 1962, on m’a amené à Fongolimbi pour être le secrétaire de mon père qui était le chef d’arrondissement. Deux ans plus tard, on m’a transféré à Salémata pour six mois avant de m’envoyer à Saraya pour remplacer le chef d’arrondissement. J’y ai fait trois mois avant de retourner à Salémata d’où on m’a affecté à Kaël dans le département de Mbacké, région de Diourbel. J’y suis resté deux ans et la troisième année, ayant demandé de revenir à Kédougou, je fus affecté à Koussanar. C’était une sorte de punition car j’avais des divergences avec le responsable politique Mady Cissokho. Il a demandé mon affectation à Mbacké. En ce temps, Jean Collins était ministre de l’intérieur. Les affectations nous étaient parvenues par message. Un beau jour, on m’a annoncé la nouvelle à la poste : « Fais tes bagages, tu es affecté à Kaël ». Je n’avais pas le choix. C’est moi qui avais demandé un emploi, j’étais obligé d’aller là où on m’affectait. »

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