Kédougou : Portrait, Elle domine son handicap et refuse de tendre la main

Hassatou Baldé est une femme pour qui vivre avec un handicap ne constitue pas un blocage .Elle se refuse à la mendicité et souhaiterait vivre décemment à la sueur de son front.

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Aujourd’hui âgée de 33 ans, Hassatou Baldé est une femme au teint clair. Cette ravissante jeune dame est calme, courageuse et pleine de volonté. Depuis 2010, elle a été élue présidente de l’association des femmes handicapées de Kédougou qui compte 25 membres.

Refus de la mendicité

Se refusant à la mendicité, les membres de cette association ont très tôt compris la nécessité d’entreprendre pour ne pas dépendre éternellement des valides.

«Nous ne pouvons pas rester oisives sachant que nous avons des besoins à satisfaire. C’est pourquoi nous avons décidé d’entreprendre quelque chose. Nous œuvrons dans la broderie. Nous confectionnons des draps de lits des pagnes, des robes, des nappes de tables, des tenues pour femmes et enfants. Nous avons bénéficié du soutien du service de l’Action Sociale et de celui de Mme viola, une américaine installée dans le village de Ségou. Nous avons reçu 7machines à coudre dont une qui fonctionne au courant électrique. Et le conseil municipal nous a trouvé un local pour travailler. Les produits sont écoulés dans le marché local ».

L’écoulement des produits fait du temps. Pour assurer le développement notre entreprise nous avons besoin de matière première tissus. Et fils.

Mobilité réduite

Depuis quelques jours, la présidente Hassatou Baldé souffre au plus profond d’elle-même. Son fauteuil roulant étant en panne, pour assurer sa mobilité, elle se déplace avec une paire de béquilles pour se rendre à son lieu de travail. La distance est assez longue et perd beaucoup de temps en cours de route.

«J’habite très loin de notre atelier. Pour les longues distances, ce n’est pas facile de se déplacer avec des béquilles. J’arrive avec beaucoup de retard et avec beaucoup de fatigue. Mon fauteuil n’est plus en bon état. Un fauteuil roulant et motorisé me faciliterait beaucoup plus les déplacements pour écouler nos produits » a-t-elle confié.

Vu l’éloignement de leur domicile, une fois à l’atelier, Hassatou y passe la journée, seule ou en compagnie des autres membres de l’association des femmes handicapées. Dans la plupart du temps, Hassatou reste seule à confectionner ses nappes, ses tenues, ses pagnes. Elle accueille à bras ouverts et discute souvent avec quelques individus venant souvent contempler ses produits ou pour l’encourager .Ce courage et cette volonté sans faille dans le travail ne peuvent pas passer inaperçues.

Mon handicap ne constitue plus pour moi un blocage

C’est pourquoi, aux dernières élections locales, Hassatou Baldé a été investie sur la liste de la coalition « Car lénen » en deuxième position. Malheureusement, cette coalition n’a pu obtenir qu’un seul conseiller.

« Cela m’a donné beaucoup plus de visibilité et considération, cela m’a donné beaucoup d’estime pour ma propre personne et sur celles qui vivent dans la même situation que moi, j’ai eu beaucoup plus de courage à affronter les regards des uns et des autres. Mon handicap ne constitue plus pour moi un blocage. Désormais, je compte me battre pour réussir, gagner ma propre vie décemment à la sueur de mon front » a-t-elle laissé entendre.

Quant à la question de fonder un foyer, avoir des enfants comme toutes les autres femmes, Hassatou Baldé, a tout simplement laisser apparaitre un sourire sans vouloir clairement se prononcer là-dessus.

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