Malgré le développement des TIC, dans certains villages, on continue à conserver des techniques traditionnelles de transmission de l’information. , Talatou Kanté  crieur public à Thiancoun Malal en est fier DSC06679 Aujourd’hui âgé de 67 ans, Talatou Kanté  en plus de son métier de cultivateur, polygame exerce la fonction de crieur public  dans le village de Thiancoun Malal depuis plus d’une trentaine d’années. « Je suis l’informateur, le crieur public  du village. Pour toute activité qui doit se dérouler dans ce village c’est moi qui donne l’information à tous les habitants. J’utilise la stratégie du porte à porte  pour informer tous les habitants  en leur précisant  la date et le lieu de l’activité. Parallèlement, j’assure aussi la fonction de muezzin. Ce sont les sages du village  qui m’ont investi de ce pouvoir ». Le plaisir de rendre service « Depuis plus de 30 ans, je fais ce travail dans le bénévolat et je n’attends rien en retour. Toutes les informations  que je reçois sont partagées à l’ensemble des habitants du village sans aucune distinction. J’accomplis cette mission avec beaucoup de plaisir. Tant que je serai bien portant, je ne lâcherai jamais et je ne me lasserai jamais dans l’exercice de ces fonctions. Je continuerai tant que les habitants de ce village me feront confiance. La mort étant la suite logique de la vie, j’enseigne à mes enfants les rudiments du métier pour qu’ils puissent assurer la relève très prochainement ». Vu la lourdeur de sa tâche cet homme, souhaiterait aujourd’hui bénéficier de moyens qui lui faciliteraient la délivrance de l’information à tout le monde en un laps de temps. Pour lui cette option n’est point signe d’acculturation. « Je ne fais pas de distinction entre les moyens  traditionnels d’information et les moyens modernes  pour faire passer le message. Le canal n’est pas important mais c’est la source de l’information qui importe pour moi. L’essentiel c’est que le message sorte de mon cœur. Les outils qu’ils soient traditionnels ou modernes ne sont que des médiums. Autrefois on utilisait le tambour pour annoncer une mauvaise nouvelle, le décès d’un proche ou pour annoncer l’heure de la prière de la fête de tabaski. On ne peut pas utiliser le tambour tous les jours ou à toutes les occasions sinon les gens seront perturbés à chaque fois qu’ils entendront le son du tambour. Il ne faut pas en abuser c’est pourquoi maintenant le tambour n’est utilisé qu’à l’occasion des grandes fêtes musulmanes (Tabaski ou Korité) ». Elevé dans le milieu traditionnel, comme tous les hommes, Talatou Kanté sait tout faire avec ses mains. DSC06677 « Je fais tout le travail de l’homme du milieu rural. Comme je possède des mains saines. Parfois, si les moyens me le permettent, je prends des ouvriers qui m’aident dans mes tâches. Comme j’ai appris à faire du travail manuel depuis ma tendre enfance, je me contente de cela pour refaire mes cases, la clôture de la maison… » a-t-il souligné Il s’active dans l’agriculture et sa production lui permet de nourrir ses quatre épouses et ses enfants. C’est pourquoi son plus grand souhait demeure la réussite de ses enfants dans les études. « Pour avoir les yeux ouverts sur le monde, il faut aller à l’école » a-t-il ajouté.
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