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Kédougou : Mamy Doura Diallo et son nouveau-né sont bien décédés à cause d’une forte négligence médicale

M Baye Thiam, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kédougou l’a confirmé ce vendredi 2 septembre 2022 après la publication d’un communiqué de presse portant sur l’affaire Ministère Public et Malick Cissé alias Mor contre Léonce Mbade Faye, Abdou Aziz Dioum et Bakary Diébakhaté. En plus de ce communiqué de presse, il a apporté des informations complémentaires à la presse régionale de Kédougou.

Le lundi 29 Aout 2022, Doura Diallo se présente au centre de Santé avec son époux Malick Cissé alias Mor. La sage-femme trouvée sur place lui a signifié qu’elle n’était pas encore à terme et qu’elle pouvait revenir le lendemain.

Le lendemain, mardi 30 Aout 2022, elle a été admise au service de la Maternité au District sanitaire de Kédougou aux environs de 08 heures du matin accompagnée de son époux.

La matrone après l’avoir consultée et constatée un affleurement de la tête du bébé a appelé le gynécologue. Le gynécologue est arrivé aux environs de 16 heures.  

Aux environs de 22 heures, le procureur reçoit un renseignement : « Une patiente aurait perdu la vie au moment de son accouchement ainsi que son bébé au District sanitaire de Kédougou ».

Le procureur a instruit à la police judiciaire de faire les premières constatations. Le lendemain, le procureur a repris le dossier pour le confier au Commandant de la Brigade de gendarmerie qui a mené une enquête qui a confirmé le décès de la femme et de celui du nouveau-né.

Les déclarations spontanées du personnel médical et du mari de la défunte) indiquaient que le nouveau-né était vivant à l’arrivée. Le médecin l’avait signifié au mari.

Le gynécologue a essayé d’accoucher la femme par voie basse. La tête sort mais les épaules du bébé sont bloquées. Sans pitié ni sentiment le gynécologue a continué de manœuvrer sans même tenir compte de la fragilité du bébé.

Le gynécologue ainsi que l‘anesthésiste ont délibérément décidé, sans même avoir préalablement consulté le mari de la défunte, de procéder à une ablation totale de I ‘utérus. En outre les manœuvres du gynécologue pour extraire le nouveau-né ont causé le décès du nouveau-né.  

Selon le rapport du Médecin-Chef du District sanitaire de Kédougou transmis au Parquet le 31 Août 2022, ces manœuvres en cascade ont très certainement provoqué une rupture utérine qui a conduit immédiatement au décès de la mère suite à une hémorragie externe et un arrêt cardiaque.

Le procureur s’est autosaisi du dossier.  Le Commandant de Brigade de Kédougou a auditionné le mari et immédiatement tout le personnel médical qui était dans le bloc opératoire. Le mari de la défunte n’a porté plainte qu’en cours de procédure.

Il a été constaté que la patiente avait accouché par voie césarienne lors de sa dernière grossesse dans ce même district. Diabétique, la défunte qui pesait quasiment 100 Kg ne pouvait nullement supporter un accouchement par voie basse.

 

Le fœtus pesait 04 kilo 770 grammes et donc ne pouvait sous quelque acrobatie utilisée sortir par la voie basse. Ce qui aurait dû dissuader le gynécologue compte tenu de ses antécédents avérés, de la faire accoucher cette fois-ci par voie basse.

 Une forte négligence médicale et un manquement manifeste aux règles élémentaires de la médecine ont été relevés.

 Eu égard à Ia gravité des faits et après les premiers interrogatoires, les personnes mises en cause sont arrêtées et placées en position de garde à vue pour homicide volontaire et de violences sur le nouveau-né, homicide involontaire sur la maman et de complicité, faits prévus et punis par les dispositions des articles 45-3, 46, 280 et287 du Code pénal.

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