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Kédougou : Les producteurs rejettent le « Pessaa notaa » et exigent le « Pessaa yobaa »

En partenariat avec la chambre de commerce d’industrie et d’Agriculture de Kédougou, le Programme d’Appui au Développement de l’Agriculture et à l’Entreprenariat Rural (PADAER II) a organisé ce lundi 14 Décembre 2020 un atelier de mise en relations Opérateurs de Marchés (OM)-Opérateurs de Producteurs (OP).

Cet atelier a regroupé à l’auberge Thomas Sankara, Opérateurs de Producteurs (Union OP/Baamtaaré), Opérateurs de Producteurs (Union OP/ANCAR) et Opérateurs de marchés. N’eût été la clémence de Dieu, la volonté des producteurs et des programmes d’appui peut-être que cette rencontre n’aurait jamais pu être possible. 

« Nous avons connu cette année une pluviométrie abondante, des récoltes abondantes. Que Dieu en soit loué. Mais une chose est de produire, une autre est de trouver un acheteur » a confié M Mamoudou Dème, Adjoint au Préfet de Salémata, par ailleurs représentant du gouverneur de région

En toute évidence, le PADAER II est conscient du rôle important que les Opérateurs de marchés doivent jouer dans ce processus.

«L’agriculture doit avoir une locomotive. La locomotive pour tirer l’agriculture, c’est d’avoir un marché rémunérateur avec des prix raisonnables ; pas des prix toujours élevés mais non plus des prix toujours bas mais des prix raisonnables» a précisé M El hadj Gningue, Chef d’Antenne du PADAER/Kédougou.

Par la voix de Mme Adja Aïssatou Aya Ndiaye, représentante de M Mamadou Hadji Cissé, président de la chambre de commerce d’agriculture et d’industrie de Kédougou, cette chambre consulaire se réjouit du partenariat avec le PADAER II. A sa suite, les élus locaux M Sadio Dembélé, 1er vice-président du Conseil Départemental de Kédougou et M Kikala Diallo, maire de Dindéfélo, par ailleurs président de l’Association des Maires de Kédougou ont aussi magnifié à sa juste valeur l’organisation de cette journée de mise en relations Opérateurs de Producteurs (OP)/ Opérateurs de marché (OM).

Téléchargez les fiches du PADAER II pour connaitre  ses modalités pour vous accompagner

Dès l’entame des travaux, les règles du jeu et les objectifs ont été clarifiés à toutes les parties prenantes.

« L’un des objectifs principaux de cet atelier, c’est de permettre à ces deux entités, les Opérateurs de marchés qui sont les acheteurs et les Opérateurs de producteurs qui offrent leurs produits au marché, de trouver un terrain d’entente, de trouver des prix pour lesquels chacune des deux entités va se retrouver» a indiqué M Dème, Adjoint au Sous-préfet de Salémata.

Cette initiative du PADAER II en collaboration avec la chambre de commerce et d’agriculture de Kédougou n’est point fortuite.

 

«Le fait d’associer les opérateurs de marchés dans le système est fondamental parce que le marché est porteur pour l’agriculteur. L’opérateur qui va acheter lui aussi a besoin de ce producteur, a besoin de cette matière première pour développer son entreprise » a fait savoir M El hadj Gningue, Chef d’Antenne du PADAER/Kédougou

A la suite d’échanges fructueux, un consensus a été trouvé autour de la commercialisation de certaines spéculations.

« Nous sommes convenus de vendre de la semence de riz à la SEDAP. Le prix du kilogramme varie entre 250 et 350 selon les variétés. Le kilogramme de fonio non pilé sera vendu à 300 FCFA. Le kilogramme de semence de maïs revient à 200 FCFA » a précisé M Agna Diallo, porte-parole des producteurs.

Le prix proposé pour la commercialisation du riz marchand a soulevé beaucoup d’inquiétudes auprès des Organisations de Producteurs (OP).

« Lorsqu’un cultivateur décide de vendre une partie de la production, c’est juste pour avoir du profit. S’il vend à perte, il aura souffert inutilement» a alerté Mme Adja Aïssatou Aya Ndiaye, Productrice de riz et de fonio.

Ces difficultés constatées au cours des discussions étaient prévisibles compte tenu de la situation qui a prévalu tout au long de l’année 2020.

« Nous ne pouvions pas anticiper sur ces contrats parce qu’en 2020 c’était dans un contexte difficile marqué par la pandémie du coronavirus. Mais la logique voudrait que ces contrats soient signés avant la campagne. Ainsi, le producteur sera assuré qu’il a un marché, l’opérateur, une matière première qu’il va collecter dans telle localité avec quel producteur ainsi de suite. Donc , on ne pouvait pas faire comme ça avec la situation de la COVID-19, donc on est obligé d’aller vers des contrats post-campagne» a révélé M El hadj Gningue, Chef d’Antenne du PADAER/Kédougou

En tout état de cause, les retombées de l’agriculture restent des intrants de qualité indispensable dans l’atténuation de certains maux de la société notamment la pauvreté, le chômage des jeunes, l’immigration clandestine. Pour atteindre cet objectif, les Organisations de Producteurs sont plus que jamais déterminées à en découdre avec les opérateurs de marchés. Ils veulent en finir avec les longs délais de paiement et prônent le « Pessaa Yobaa » (peser et payer tout de suite,) et rejettent le « Pessaa notaa ». (Peser et payer plus tard).

« Maintenant, il faut le « Pessaa Yobaa » (peser et payer tout de suite).  Que tout opérateur qui voudrait acheter du riz vienne avec son argent. Tu pèses, tu paies. On n’acceptera plus de peser le riz, de rester deux mois, trois mois sans percevoir de l’argent. Ça, ce n’est plus possible. L’argent sera versé sur place.  Si tu veux du riz, tu dois payer les producteurs au minimum une semaine plus tard » a plaidé M Agna Diallo, porte-parole des producteurs.

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