echosdescollines.com

Today view: 1 - Total View: 15

Ecoutez la RMC Radio Mobile des Collines

Kédougou : L’ASPRODDEL mobilise Noubou contre les violences basées sur le Genre

 Bénéficiaire de l’accompagnement de CECI Sénégal dans le cadre du projet Voix et Leadership des Femmes (VLF), l’Association pour la Promotion des Droits et Développement Local(ASPRODDEL) a organisé une journée de dialogues intercommunautaires à Noubou-Darou Ningou dans la commune de Dakatély le lundi 25 avril 2022.

Dans son programme de sensibilisation et d’échanges intercommunautaires dans la région de Kédougou, l’Association pour la Promotion des Droits et Développement Local a dépêché une forte délégation à Noubou dans la commune de Dakatély. Cette délégation a été conduite par M Yaya Badji (chef de mission), à ses côtés Mamadou Korka Sidibé, point focal de l’ASPRODDEL par ailleurs, Maire de Dar Salam.

En effet, y étaient présents pour accueillir la mission les autorités locales dont El hadj Bacar chérif, le représentant du sous-préfet, Mamadou Diallo, chef du village de Noubou, Mamadou Dian Diallo, l’imam de la localité, les représentants des deux grandes communautés (peuls et bassaris), les représentantes des groupements féminins et une délégation venant de la Guinée

Il a été largement débattu la question de sécurité transfrontalière, du Genre et de l’Enfance. Et d’ailleurs, les échanges ont démarré par un coup de cœur sur l’insécurité des femmes et des enfants de la localité en ces temps, chose qui, d’urgence a été évoquée aux autorités compétentes par M Sidibé. Le chef du village et ses citoyens sont rassurés par les nouvelles mesures qui seront bientôt prises.

Il faut dire que les violences faites aux femmes et aux enfants (l’excision, le mariage précoce et/ou forcé) des enfants furent évoquées avec intérêt en mettant l’accent sur les causes les conséquences et les solutions). Tout le monde s’est exprimé librement tout en n’oubliant pas la déscolarisation et ses effets négatifs.

Du chef de village aux femmes, des témoignages et engagements ont été faits pour arrêter ces fléaux malgré les défis qui en résulteront.

 « L’imam et moi, nous nous y engageons et nous veillerons sur l’âge (soit 17-18 ans) pour autoriser le mariage…) » a indiqué M Mamadou Diallo, le chef du village de Noubou tout en évoquant le manque de moyens pour la scolarisation.

Confirmant ces propos et engagements, à l’Imam Mamadou Dian Diallo d’ajouter : « C’est une bonne chose de parler de ce sujet malgré sa méconnaissance chez certains. Puisque nous qui sommes ici présents pouvons mettre fin à ces fléaux (excision, mariage précoce et déscolarisation) dans notre propre intérêt, par ma voix, nous nous engageons à faire respecter ce qui s’est dit ici aujourd’hui (…) »

Conscientes des dangers qui les guettent, les femmes ont aussi levé le voile : « Les gens prônent qu’on ne fasse pas de mariage précoce. Mais le constat est malheureusement que dès l’âge de 13 ans à l’entrée au collège, les jeunes filles se font enceinter malgré elles. C’est cela mon inquiétude.» a avisé Mme Aïssatou Lamarana Diallo.

Une autre mère a évoqué le manque de moyens et d’intelligence des filles de cette tranche d’âge ».

Le chef de mission s’est satisfait des engagements pris par la communauté : «Nous avons parlé (de) trois choses. Mais nous ne voudrions pas partir sans que les gens s’engagent. Chose qui a été faite par des assistants très déterminés » a confié M Yaya Badji.

Bénévole de nationalité française, Nathan a apprécié la rencontre en ces termes : «Pour ça, on est vraiment admiratif de la place des femmes ici » et plus loin il ajoute : «La lutte contre les Violences Faites aux Femmes et aux Enfants n’est pas une nécessité mais une obligation ».

La séance fut levée par le représentant du sous-préfet avec les bénédictions de l’Imam.

 

 

Print Friendly, PDF & Email