Kédougou : La syndicalisation des acteurs de l’économie informelle est effective

Ouf de soulagement pour les travailleurs et travailleuses du secteur de l’économie informelle de Kédougou. Quatre nouveaux  syndicats voient le jour  pour mieux prendre en charge leurs différentes préoccupations.

En février dernier, une mission de l’unité de gestion d’actions positives pour la syndicalisation des travailleurs et travailleuses du secteur de l’économie informelle  séjournait à Kédougou. La coordonnatrice Mme Marième Sakho Dansokho, et compagnie avaient mis à profit ce séjour pour informer et sensibiliser les acteurs de l’économie informe de s’organiser. Au Sénégal, ce projet  de syndicalisation des acteurs de l’économie informelle est mis en œuvre par  la CNTS  l’UDTS, la CSA et l’UTS avec la collaboration privilégiée de la Centrale Générale des Syndicats Libéraux de Belgique  et  du MSI.

Quatre syndicats mis en place

A Kédougou, il a fallu quelques mois de sensibilisation pour que les acteurs passent à l’étape de la formalisation. Il s’agit des acteurs évoluant dans le microcrédit, le maraichage, l’horticulture  et les marchands ambulants. Les assemblées générales organisées dans les différents quartiers ont permis d’installer 4 syndicats. Les messages véhiculés à ces occasions ont permis aux acteurs d’épouser progressivement les principes et idéaux de ce projet.

 La syndicalisation, quels intérêts ?

DSC00326« Dans ce projet, nous avons pour objectif de regrouper, organiser les acteurs de l’économie informelle en syndicats pour que leurs préoccupations soient prises en compte. En acceptant de nous formaliser, nous aurons beaucoup de force pour pouvoir négocier avec l’Etat. Par exemple, à Kédougou, les sociétés minières vont jusqu’à Dakar pour s’approvisionner en légumes alors qu’il y a des  horticulteurs  dans la région. Avec une bonne organisation, nous pourrons changer cette situation » a soutenu Mme Assa Diallo, la coordonnatrice régionale de l’unité de gestion d’actions positives pour la syndicalisation des travailleurs et travailleuses du secteur de l’économie informelle.

Se syndicaliser pour préparer sa retraite, bénéficier d’une prise en charge médicale

Pour M Babacar Ndao, membre de la coordination régionale la syndicalisation est incontournable pour assurer la sécurité sociale des travailleurs.

« Les fonctionnaires bénéficient de congés de la prise en charge en cas de maladie.  Alors que, nous, horticulteurs, agriculteurs, DSC00374sommes toujours en brousse pour trouver de quoi nourrir nos familles. Il est temps de dire à l’Etat de prendre en compte nos préoccupations. Une femme fonctionnaire bénéficie de congés de maternité avant et après accouchement alors que tel n’est pas le cas pour les autres femmes. Le projet est venu pour vous aider à vous organiser pour avoir la force devant l’Etat. Le syndicat est apolitique et laïque… Pour corriger cette injustice, il faut aller vers la syndicalisation. Si nous sommes organisés, nous pouvons avoir tout ce dont nous avons besoin de l’Etat »a-t-il plaidé

Recueil des obstacles

Ces rencontres ont aussi été des moments pour recueillir les principales inquiétudes et doléances des travailleurs et travailleuses de l’économie informelle.

«Vos orientations nous ont déjà éclairé la voie. C’est en nous organisant seulement que nous pouvons atteindre nos rêves. Nous, horticulteurs sommes confrontés à des problèmes de marchés. Chaque année, la moitié de notre production pourrit.» a laissé entendre M Diadié Souaré.

Les syndicats étant formalisés, la coordination régionale de Kédougou compte mettre tout en œuvre pour que les acteurs de l’économie informelle  puissent bénéficier d’appuis de l’Etat et de partenaires pour lever tous obstacles qui freinent leur évolution.

 49 total views,  1 views today

Print Friendly, PDF & Email

Comments are closed.