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Kédougou : Initiation au fact-checking, la presse va fourrer le nez partout

Le choix porté sur M Assane Diagne comme facilitateur de cet atelier sur le fact-checking, atelier entièrement financée par la fondation Konrad Adenauer n’est point fortuit. Ses expériences qu’il a partagées rassurent les membres de l’Association des Journalistes de Kédougou (AJK)  qui sont désormais prêts à fourrer le nez partout pour éclairer l’opinion sur certains faits. En face de tout doute sur certaines déclarations et données statistiques  mises sur la place publique, ces nouveaux initiés au fact-checking ont promis, par le biais de la recherche les confirmer ou infirmer.

Qu’est-ce que le fact-checking ?

« Le fact-checking peut avoir deux significations dans  le journalisme. En 1920 déjà, dans la presse américaine il y avait des fact-checkeurs (pour vérifier). Ils exerçaient  un contrôle de qualité  avant la publication. Ce travail est semblable au travail que fait le rédacteur en chef dans une rédaction. Ce sont des journalistes expérimentés qui faisaient ce travail à l’époque. C’était une vérification a priori. Le fact-checking est un concept nouveau. Il fait de la vérification à postériori, après diffusion, sur une information qui est déjà sur le domaine public, dans les réseaux sociaux, sur un sujet connu de tous ».

Où trouver des sujets de fact-checking ?

« Il faut choisir dans la masse d’informations de tous les jours. On peut suivre les discours, les interviews, le sujet peut venir d’une publicité en fonction de votre intérêt. Les autres sources peuvent être les communiqués de presse, les brochures de campagne… Il faut aller  également sur les réseaux sociaux. Les faits divers n’intéressent pas les fact-checkeurs. On ne vérifie pas uniquement des déclarations qui semblent fausses. Toute affirmation importante subissant une controverse mérite d’être vérifiée. Et si elle est vraie, il faut dire que c’est vrai.  Cela ne doit pas constituer une raison  pour ne pas publier l’information ».

Comment faire du fact-checking ?

« On peut faire du fact-checking en interpellant les autorités à donner des preuves sur les propos qu’elles ont avancés, on les pousse à faire la reddition des comptes. Sous ce rapport, le fact-checking est du journalisme d’audit, un journalisme de démenti, un journalisme de précision. On pousse les autorités à s’expliquer sur des faits importants. Il met l’accent sur l’exactitude des déclarations en  cherchant les meilleures sources qui peuvent confirmer ou infirmer les faits évoqués.  On parle alors de Fact-checking 2.0.Les opinions sont libres et n’intéressent pas le fact-checking. Le fact-checking nécessite une certaine compétence ».

Il reviendra à la charge pour dire : « Dès qu’on doute,  on est en face d’un sujet de fact-checking. Le vrai fact-checkeur est indépendant. Il vérifie  et rend service aux citoyens.  Cet aspect non partisan caractérise le fact-checkeur. Il ne faut pas donner à l’opinion la tendance  qu’on s’acharne sur un homme. Il n’y a pas de risque de traiter certains sujets. Mais aucun reportage ne vaut une vie ».

 

 

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