Kédougou : Environnement,la chasse, un levier incontournable pour le développement de la région

Avec une superficie de 1 336 000 ha, la Zone d’Intérêt Cynégétique (ZIC) de la Falémé constitue une zone de prédilection pour les amateurs de chasse. Cette activité a rapporté  en 2013 environ 30 millions de FCFA à l’Etat. echosdescollines.com vous plonge au cœur de cette activité pleine de retombées pour l’Etat et les populations.

 Historique de la chasse, une vieille activité

« La chasse  date d’une époque lointaine. En Afrique, les populations vivaient de chasse. Il y avait des castes des chasseurs  qui LIEUTENANT MENDY (4)approvisionnaient les autres populations en viande de brousse. L’instinct de conservation était là car des animaux étaient pris pour totems de certaines familles .Un animal  qui avait protégé l’ancêtre d’une famille ne sera jamais tué par les membres de cette famille. »  a rappelé le lieutenant Antoine Mendy responsable de la ZIC  Falémé, par ailleurs chef de la  division gestion de la faune.

Avec le boom démographique et le développement de la technologie, cette chasse de subsistance va céder sa place à la chasse mercantile avec l’utilisation d’armes de plus en plus sophistiquées. Cette situation entraine une réduction des ressources fauniques.

Nécessité d’encadrer et d’organiser le secteur de la chasse

« C’est pourquoi, l’Etat a pris très tôt des dispositions à travers des textes réglementaires  pour organiser la chasse. Des aires de protection stricte ont été érigées vers les années 1970 avec les parcs nationaux, la Zone d’Intérêt Cynégétique (ZIC) de la Falémé entre autres. La ZIC est une partie de territoires où la chasse est contrôlée. On y retrouve la grande faune.» a confié le lieutenant Mendy.

Ainsi, pour mieux s’aligner aux dispositions au niveau national et international, les espèces en voie de disparition bénéficient d’une protection intégrale ou partielle. Cette forme d’encadrement de la chasse permet  aux communautés locales de tirer profit directement ou indirectement de cette activité.

Des retombées importantes pour les communautés

« Rien qu’en 2013, nous avions versé 30 millions dans les caisses de l’Etat. La chasse suscite la création d’emplois et d’infrastructures. Elle produit des effets induits par la vente d’articles de l’artisanat local, et la poursuite des relations entre chasseurs et touristes » a précisé le lieutenant Mendy non sans fustiger les véritables problèmes qui freinent le développement de cette activité capable de propulser la région de l’avant.

Que d’obstacles à surmonter

L’étendue de la ZIC, le manque de moyens  des agents, l’existence des diouras (placers ou sites d’orpaillages), marchés potentiels pour la vente de viande de brousse, la présence des sociétés minières notamment avec l’ouverture de pistes permettant aux braconniers d’accéder facilement dans certaines zones constituent des obstacles à l’accomplissement correct de nos missions régaliennes. D’ailleurs, aujourd’hui, il est difficile de mettre en place un réseau d’indicateurs efficace.

Il reviendra à la charge pour dire que « l’orpaillage a un impact négatif sur la préservation de l’environnement, l’espace naturel  des animaux  est de plus en plus réduit. Les animaux sont de plus en plus confinés dans des reliques de forêts. A cela s’ajoutes les actions néfastes des exploitants de vin de rônier. A certains endroits, il n’existe plus que des cimetières de rôniers .La pollution des eaux avec  l’utilisation des produits chimiques (cyanure, mercure…) reste encore une grande équation à résoudre dans la région de Kédougou.

Adama Diaby 

 

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