Kédougou : « Diouras fermés », les orpailleurs se ruent vers le parc national du Niokolo Koba…

Les effets collatéraux de la fermeture des placers de la région de Kédougou commencent à se manifester. Les orpailleurs s’infiltrent dans le Parc National du Niokolo-Koba pour rechercher le précieux métal.

C’est tout de même, la confidence faite par M  Assana Cissokho, orpailleur de son état à Niéméniké, village situé à la lisière du parc national Niokolo Koba.

Donnes 150 000 FCFA, je te laisse chercher de l’or dans le parc

assane cissokho (3)

« Autrefois ils ne voulaient  pas voir d’étrangers circuler dans le parc sans autorisation. Maintenant, tout orpailleur qui versera 150 000 FCFA  sera autorisé à entrer dans le parc pour y exploiter de l’or. Celui qui  déroge à cette règle sera bastonné. Nous versons cette somme aux agents du parc sans quittance de versement. Celui qui entre de façon frauduleuse sans emprunter ce chemin, s’il est propriétaires de détecteur de métaux, en cas de saisie, il doit payer 300 000 ou 200 000 FCFA  pour retirer son appareil » a-t-il soutenu.

Il reviendra à la charge pour donner des explications supplémentaires sur le modus operandi de ces agents.

«  Nous avons tout fait pour dénoncer cette situation mais les chefs de village  gardent le silence. Pour entrer dans le parc, nous formons  de petits groupes. Le groupe ne doit pas dépasser 6 personnes. Les étrangers, notamment les guinéens  y sont plus nombreux, il y a aussi des nationaux. Les guinéens y  passent beaucoup plus de temps, deux semaines ou 1 mois. Si nous versons 150 000 FCFA, cette autorisation n’est valable que pour 3 jours. Au-delà de cette période, on est   obligé de sortir qu’on trouve ou qu’on ne trouve rien » a-t-il ajouté

Niéméniké, un  seul village avec 5 dirigeants

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Pour vérifier ces informations des 5 chefs de village de Niéméniké, nous avons été confrontés à un fait rare. Voulant nous éviter, dés que nous avons franchi le portail de son domicile, l’un des chefs de village a demandé à son fils d’aller à notre rencontre. A  notre grande surprise ce dernier nous a fait comprendre que son papa était parti en voyage. Alors que son épouse nous avait indiqué la case dans laquelle se trouvait son mari de chef de village. Pourtant, c’est de cette case qu’est sorti le jeune qui nous a fait part de l’ « absence de son papa ».Quelques uns de nos accompagnateurs ont aperçu du fond de cette case, un vieux tentant de savoir ce qui se passait au dehors au moment de nos échanges avec le jeune.

L’infiltration des orpailleurs dans le parc national Niokolo-Koba, un fait réel

Plus loin, à Mako, à la base des agents du parc national du Niokolo Koba, les agents  n’ont pas voulu se faire enregistrer au micro  car n’ayant aucune autorisation de la hiérarchie. Cependant, sous le couvert de l’anonymat, quelques uns ont voulu  tenir ces quelques propos.

« Sans l’autorisation du conservateur, nous ne pouvons pas répondre à vos interrogations. Entre nous nous pouvons vous confier ceci. L’infiltration des orpailleurs dans le parc national Niokolo-Koba est un fait réel. Tout ce que les populations racontent là-bas ne sont  que de fausses allégations. La plupart des populations sont des complices. Elles sont corrompues. Ce sont elles qui accueillent ces étrangers. Nous menons des patrouilles régulières dans le parc national. Nous procédons à des interpellations. Nous avons saisi une cinquantaine de détecteurs et plusieurs motos. La circulation dans le parc est formellement interdite. Il faut avoir une autorisation du conservateur ou payer les droits des visites à raison de 2000f/24h pour les touristes. L’argent collecté est versé dans les caisses de l’Etat. Nous menons également des actions de sensibilisation pour une bonne conservation du parc. D’ailleurs nous utilisons un braconnier reconverti comme indicateur. Avec l’appui du comité de vigilance de Tambanoumouya, nous avons interpellé récemment 2 guinéens qui ont été déférés à Tambacounda Nous sommes exposés à la fièvre Ebola car nous procédons régulièrement à des arrestations de personnes dont nous n’avons aucune idée sur leur état de santé» ont-ils précisé sans décliner leur identité.

Améliorer les conditions de travail des agents

A observer l’état de leur logement, il a l’air vétuste, des toiles d’araignée  pendent sur la quasi-totalité des murs. Ils vivent dans ces conditions ni électricité sur des lits inconfortables.

Dans la poursuite logique de cette enquête, joint au téléphone, le conservateur du parc National nous a tenu ces propos.

« Je suis en congé et présentement, je suis à Tivaoune à une levée du corps, traitez la question avec mon adjoint à Tambacounda …» a-t-il conseillé.

Malheureusement, nos tentatives pour joindre son adjoint ont été jusque là vaines. Le téléphone du bureau a sonné, sonné…. Aucune personne au bout du fil…

Affaire à suivre…

 60 total views,  1 views today

Print Friendly, PDF & Email

Comments are closed.