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Kédougou : Chérif Souaré, un émigré de retour raconte…

Aujourd’hui marié et père de 4 enfants, M Chérif Souaré, originaire du village de Vélingara dans la commune de Dimboli, candidat malheureux à l’émigration clandestine s’est confié à la rédaction du site echosdescollines.sn sur sa mésaventure sur ce chemin périlleux.

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« Je m’active présentement dans l’agriculture, c’est notre principale activité traditionnelle. J’avais tourné le dos à cette activité pour prendre le chemin de l’émigration clandestine. Dès mon retour, j’ai repris le métier que j’avais abandonné. Quiconque négligera sa chance volera.  J’ai vécu l’émigration clandestine de 2002 à 2017. J’ai vécu pendant 20 ans à Thiès avant de prendre le chemin de l’émigration clandestine.  

Comme j’ai réuni un peu d’argent, je suis allé faire établir mon passeport. Ma demande de visa pour la France a été rejetée. J’ai piqué une colère noire. Ainsi ai-je décidé de rejoindre l’Europe à tout prix. Avant de partir j’ai confié la gestion de ma boutique à un ami ».

Le séjour en Mauritanie et au Maroc

«J’étais allé d’abord en Mauritanie puis au Maroc (à Laayoune) en passant par le désert. J’ai passé 2 ans à Laayoune.  J’ai remarqué que les marocains ont beaucoup d’affection pour les sénégalais. A Laayoune, nous avions formé un groupe de 200 personnes, toutes

candidates à l’émigration clandestine, toutes engagées pour aller en Espagne. Nous étions allés jusqu’au niveau de la clôture en fil de fer barbelé mais nous n’avions pas pu escalader ».

Le calvaire vécu

« Nous avions souffert dans la brousse. Quand on part en aventure dans un pays qui n’est pas le nôtre, c’est vraiment le calvaire. Nous dormions dans la brousse. En mer, beaucoup de personnes sont mortes. J’avais même peur pour moi-même. Nous jetions les cadavres dans la mer. Nous étions loin de la terre ferme. Impossible de penser à des prières mortuaires. Je remercie le bon Dieu de m’avoir accordé la vie sauve durant toute cette aventure périlleuse. Il faut voyager pour mieux apprendre la vie »

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