Kédougou : Attention, les sites d’orpaillage, lieux de forte consommation de vin de…

La récolte du vin de palme ou de rônier porte un lourd tribut à l’environnement. Le commerce de vin est une activité juteuse dans les sites d’orpaillage où la consommation de ce liquide enivrant est très forte.

Dans la région de Kédougou, palmiers et rôniers  meurent progressivement de leur belle mort. Les récolteurs de vin sucent toute leur sève laissant derrière eux un cimetière. C’est le triste constat que nous avions fait à Douta, village d’orpaillage traditionnel situé à environ 90 km au nord-est de Kédougou. Les rôniers y souffrent beaucoup, à perte de vue, ils se dressent comme des êtres vidés de tout leur sang (sève).Aucune sève ne circule plus dans leurs veines. Ce liquide pourtant si précieux à la survie, à la croissance de la plante est d’autant plus apprécié par l’homme.

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Le vin de palme pour soigner des maladies

« Le vin de rônier ou de palme est un remède pour certaines maladies comme la jaunisse et la fièvre jaune. Mais beaucoup de gens consomment le vin pour s’enivrer surtout dans les sites d’orpaillage la consommation de vin est énorme »a témoigné Moussa Diallo, orpailleur à Douta.

Outre les nationaux qui s’adonnent à cette activité traditionnelle, ils y sont rejoints de plus en plus par des guinéens qui viennent profiter de ce commerce juteux quasiment dangereux.

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« Je suis récolteur de vin de palme originaire de Guingan (en République de guinée Conakry).A part l’agriculture en hivernage, c’est le seul métier que je pratique en saison sèche.  C’est un métier que j’ai hérité de mes parents. Ils m’ont appris l’agriculture et la récolte du vin depuis ma tendre enfance. Ici au Sénégal la vie n’est pas aussi facile. Nous souffrons des agents des eaux et forêts et des gendarmes qui saisissent nos produits et nous verbalisent. Avec le peu que nous récoltons, nous le vendons et achetons nos effets personnels, des chaussures et du riz » a confié Yéra Bindia

Des lobbyings encouragent la pratique

La pratique de cette activité dangereuse qui n’est pas de tout repos est pourtant encouragée par un lobbying qui met  ses moyens à contribution.

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« C’est fatiguant, j’ai n’ai aucune idée de ce que je gagne réellement sur cette activité mais je sais que  le litre coûte 250 FCFA, à chaque déplacement je peux  transporter 6 bidons de 20 l sur ma moto. Nous travaillons pour des patrons qui sont restés en guinée. Ce sont eux qui nous ont remis ces motos pour travailler. Ensemble nous partageons les profits et les risques du métier. Nous sommes tous conscients de ce qui nous attendent en cas de saisie.» a ajouté Yéra Bindia

Dans la plupart des cas, les rôniers vidés de leur sève et abandonnés à eux-mêmes sont laissés à la merci des bûcherons qui les découpent en poutrelles utilisées dans la construction. Cette situation accélère la déforestation dans la région de Kédougou. Ne faut-il pas préconiser d’autres techniques de collecte du vin de palme ou de rônier ? L’environnement continue de pâtir de certaines techniques dégradantes de récolte du vin dans cette belle région du Sénégal.

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