Kédougou ,6 ans après les émeutes sanglantes…

Mardi 23 décembre 2008 – mardi 23 décembre 2014,  6 ans jour pour jour que la jeunesse de Kédougou a jeté les bases d’un soulèvement populaire dont le soubassement était  étroitement lié à l’exploitation des ressources minières. Les plaies occasionnées depuis 6 ans n’ont pas encore  fini de se cicatriser. Si on ne prend pas garde, la question de la gestion foncière risque de créer d’autres troubles.

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Tout est parti d’un ras- le -bol  de la jeunesse dont les préoccupations (emplois) ne sont pris en compte  ni par les pouvoirs publics ni par les compagnies minières. Malgré les nombreux avertissements, personne n’a prêté oreille attentive à ces revendications légitimes de la jeunesse de Kédougou.

Et le vase a débordé le mardi 23 Décembre 2008. Il faisait 8 heures, toute la jeunesse s’était donné rendez-vous au carrefour de la mairie de Kédougou pour les besoins d’une marche pacifique.

Les intentions ont dépassé les prévisions, l’adrénaline est montée si vite. Et la catastrophe s’est produite. Des bâtiments (la préfecture, le tribunal départemental, le domicile du préfet, l’inspection départementale de l’Education) et véhicules administratifs ont été saccagés.

Le jeune Sina Sidibé  est tombé sous les balles réelles des forces de l’ordre, plusieurs blessés ont été dénombrés. Les jours suivants, Kédougou a été mise sous haute surveillance, complètement quadrillée par les différents services de renseignements et les forces de sécurité. Ainsi commença la chasse à l’homme qui va déboucher sur l’arrestation de plusieurs personnes qui seront libérées trois mois plus tard.

Les séquelles de ces événements malheureux hantent encore le sommeil des habitants de Kédougou. L’élection de Macky Sall  comme président de la République a beaucoup fait rêver les populations de Kédougou. Ce rêve est aujourd’hui en train de se briser avec la persistance d’une diversité de problèmes. Alors que la plaie des événements de 2008  n’a pas fini de se cicatriser, on s’achemine progressivement vers d’autres situations qui risquent de plonger Kédougou dans une mauvaise posture.

L’accaparement des terres

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Du fait de l’exploitation minière, les terres des paysans sont arrachées  par les sociétés minières. L’épineuse  question  qui est présentement à l’ordre du jour porte sur l’éventuelle implantation de la Compagnie Sénégalaise de Transport Transatlantique (CSTTAO)  .Il faut dire que la jeunesse de Kédougou entend s’opposer fermement à une telle chose qui risque d’embraser toute la commune.

Il faut y ajouter  la fermeture des placers ou sites d’orpaillage  qui est une mesure prise par le gouvernement sénégalais pour exhorter ses citoyens à retourner vers l’agriculture.

Malgré cette fermeture, on continue à dénombrer encore et encore des morts. « L’éboulement des puits d’orpaillage » est avancé comme motif, pour certains, c’est une mafia qui règne dans la plupart des sites d’orpaillage ».

Veille-t-on au respect de l’interdiction de la pratique de l’orpaillage ? Comment et pourquoi  des orpailleurs continuent à mourir dans ces sites fermés ? Qui profite de la fermeture des placers ? L’opinion publique s’interroge ?

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