Kédougou : 15 ans de réclusion criminelle contre l’assassin A Ouédraogo

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La deuxième affaire au rôle de la chambre criminelle de Kédougou a été jugée. Le président du Tribunal de Grande Instance de Kédougou a requis une peine de 15 ans d’emprisonnement ferme contre A Ouédraogo, reconnu coupable de l’assassinat de son ami.

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Les faits remontent dans la nuit du 14 aout 2018 quand A Ouédraogo, un burkinabé de 26 ans a poignardé à mort son ami Djigui Bakayokho, un malien, au cours d’une altercation dans un bar à Kharakhéna dans le Département de Saraya.

Cette nuit-là, A Ouédraogo, n’avait pas assez d’argent dans sa poche. Il s’est permis d’achever un litre de vin de palme. Quelques instants plus tard, son ami Djigui Bakayoko, vient s’installer auprès de son ami avec un autre compagnon. Ils commencèrent à consommer tranquillement leur boisson.

« A Ouédraogo servit son Djigui Bakayokho qui demanda à son tour de servir son compagnon. Il s’en suivit une altercation entre les deux amis de longue date. Djigui Bakayokho aurait donné un violent coup de poing à son ami A Ouédraogo.  Les gens qui étaient là ont essayé de calmer les esprits en séparant les deux protagonistes.

A la grande surprise de tout le monde, A Ouédraogo est revenu quelques temps après, armé d’un tesson de bouteille pour trancher le cou de son ami A Ouédraogo. Le choc a été brutal, Djigui Bakayoko a perdu aussitôt connaissance giclant dans une mare de sang. Son décès sera constaté plus tard. Après avoir commis cet acte ignoble, A Ouédraogo a pris la fuite.

Interpellé à la barre, les larmes aux yeux, A Ouédraogo a retracé le film de la scène horrible. Il a reconnu les faits qui lui sont reprochés en précisant qu’il était en ce moment en état d’ébriété.

 

Un état d’ivresse que la dame S Boubane, témoin oculaire des faits a nié en bloc. « Ce jour-là, A Ouédraogo n’était pas ivre. Ils se sont battus une première fois, nous les avons séparés. Il est sorti quelques instants pour revenir s’attaquer à Djigui Bakayoko. Le pire s’est vite produit. Nous avons essayé de ranimer Djigui Bakayoko en lui versant de l’eau, c’était trop tard ».

Au regard de ces témoignages et des contenus des enquêtes préliminaires, M Alphonse Dame Faye, le substitut du procureur de la République a apporté des précisions.

 

« Le meurtre renvoit à un premier interdit. Toutes les religions et toutes les législations utilisent les peines les plus sévères pour punir un meurtre. Pour une simple altercation dans un bar clandestin comment se fait-il qu’A.Ouédraogo puisse porter un coup mortel sur son ami Djigui Bakayoko. Le certificat de genre de mort a montré qu’il a sectionné de gros vaisseaux sanguins. Le tesson de bouteille est une arme redoutable. A.Ouédraogo a essayé de se déculpabiliser en mettant en avant son état d’ébriété mais la tenancière du bar a apporté un démenti. Ils n’avaient même pas fini de consommer la bouteille de vin de palme Tout meurtre commis avec préméditation est un assassinat. A.Ouédraogo avait murement préparé son plan pour tuer son ami. C’est un fait grave. Au regard des articles L 281, L282 et L 289, je requiers la prison à perpétuité » a-t-il dit.

L’avocat de la défense, Me Hameth Moussa Sall a rejeté en bloc la préméditation dans les agissements de son client. Selon lui, il a porté certes des coups mortels mais il n’a jamais cherché à tuer son ami. Il n’a pas prémédité son acte.

Le président du Tribunal de Grande Instance de Kédougou a requis une peine de 15 ans d’emprisonnement ferme contre A Ouédraogo, reconnu coupable de l’assassinat de son ami Djigui Bakayoko. Il a 15 jours pour interjeter appel.

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