Formation de para juristes à Kédougou

L’association des juristes sénégalaises se penche sur les violences basées sur le genre

En partenariat avec la fondation Osiwa, l’association des juristes sénégalaises a organisé une session de formation de para juristes sur les violences basées sur le genre et sur l’Etat civil. Durant 4 jours, différents acteurs ont été formés sur les droits à mettre en œuvre et sur les procédures pour diligenter les besoins des citoyens en matière de justice.

DSC08441Plus spécifiquement pour la région de Kédougou, la formation a porté sur les droits humains, sur l’Etat civil et sur les violences basées sur le genre de manière générale. « On s’est rendu compte qu’à Kédougou, il y a de sérieux problèmes sur l’Etat civil. Ne pas avoir d’Eta civil pour un enfant, c’est de lui nier à court terme son droit à l’éducation, c’est de lui nier son droit au travail, le droit à grandir et devenir un être responsable» a estimé Soukeyna Ndao de l’Association des juristes sénégalaises et présidente de la commission droits des femmes. Dans cet élan, et de l’avis du préfet du département de Kédougou, Habib Léon Ndiaye, « au niveau de Kédougou, c’est un problème qui est réel. Dans les villages les déclarations ne se font pas du tout ou se font de façon tardive et cela impacte naturellement sur la situation scolaire des enfants et de façon générale sur l’avenir de ces personnes.»  En outre, cette formation entre dans le cadre de la mise en place d’un réseau d’acteurs formés « qui travaillent au plus près des communautés, de la mise en contact avec les autorités administratives qui sont là pour faire en sorte que chaque sénégalais puisse jouir pleinement de ses droits. Et la rencontre s’inscrit dans le cadre du plan de travail annuel de l’association des juristes sénégalaises, plus précisément des activités financées par la fondation Osiwa (open society initiative pour l’Afrique de l’Ouest) qui visent à promouvoir les droits humains et notamment lutter contre les violences basées sur le genre, les violences faites aux femmes » a poursuivi la présidente de la commission droits des femmes de l’Association des juristes sénégalaises. D’après elle, l’Etat du Sénégal est fortement engagé à l’exercice de la pleine jouissance de ses droits à tous les citoyens. Le réseau, a-t-elle aussi fait comprendre, permettra aux personnes qui travaillent au plus près des communautés d’être formées sur les droits à mettre en œuvre, sur les procédures pour diligenter les besoins des citoyens en matière de justice. Tout au plus, face aux mutations notées dans la Kédougou aussi bien du point de vue économique que démographique et qui sont liées de plus en plus aux ressortissants des autres régions du Sénégal et de la sous région et qui viennent à la recherche de l’or, « l’enjeu, sera d’aider les femmes de la région et toutes celles qui sont d’une façon ou d’une autre, victimes de violences pour quelques raisons que ce soient (pesanteurs socioculturelles, méconnaissance des voies de recours) » a renchéri le préfet du département.  Selon lui, cet atelier permettra aux femmes de connaitre leurs droits et d’êtres suffisamment armées et au sortir de là de procéder à une grande sensibilisation de leurs paires pour aider à ce que le maximum de femmes soient informées de leurs droits. Mais pour Habib Léon Ndiaye, il y a tout un travail qui doit se faire en appui avec le dispositif qui est en place (tribunal départemental, maison de justice) pour armer davantage les différents acteurs et les cibles concernées pour mener et gagner le combat contre les violences faites aux femmes et la promotion des droits humains et surtout des enfants et des femmes.

Amadou Diop

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