Communiqué de Presse de la RADDHO sur l’assassinat de Mamadou Doudou Diallo

SOC CIVILE (3)

Il urge de mettre un terme à la violence des hommes de tenue à l’égard de la population à Kédougou.

L’Observatoire Décentralisé de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme de Kédougou exprime  son profond  regret, sa désolation et adresse son soutien à la famille DIALLO  à la suite de la mort de Mamadou Doudou DIALLO ce samedi 27 septembre 2014   aux environs de 18h. Ce jeune de 23  ans a été sauvagement abattu par un garde pénitencier  au moment où il s’affairait à l’arbitrage d’un match de football à Sinthiouroudji, un village situé à 2km de Kédougou.

De cette mort  survenue dans des conditions déplorables, il se pose les récurrentes questions relatives à la sécurité, au respect de l’intégrité physique et morale de la population kédovine par les forces de l’ordre toutes catégories confondues. . Or, il est clairement défini dans la constitution de notre pays que nul n’a le droit de mettre fin à la vie d’autrui.

Depuis la ratification de la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Tenant compte de l’article 5 de la Déclaration Universelle Des Droits de l’Homme et de l’article 7 du Pacte International relatif aux droits civiles et politiques qui prescrivent que tous deux que nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Tenant compte également de la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants. L’Etat du Sénégal s’est engagé à protéger les citoyens contre la maltraitance, l’exploitation et les pires formes de traite.

Au niveau national, le code Pénal,  de sa version de 1961 modifiée plusieurs fois jusqu’à sa dernière mouture de 1999, comporte des dispositions qui incriminent les actes et comportements relevant de la traite des personnes notamment le vagabondage et la mendicité. Il en est aussi de la  loi du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées.

A cela, s’ajoutent les multiples rapports des organes des Nations Unis qui comportent des recommandations pertinentes sur la lutte contre toute forme de torture.

Toutefois, nous constatons que le fossé est énorme entre la théorie et la pratique, ce qui favorise les traitements inhumains et dégradants que subissent chaque jour des centaines de milliers de citoyens sont agressés voire même  tués  dans les rues.

L’Observatoire Décentralisé de la RADDHO de Kédougou  signataire regrette, malgré l’arsenal juridique et les recommandations des organes de Nations Unies, que le phénomène de l’agression des citoyens est  encore au cœur des violations flagrantes des droits de l’homme, au point de se muer en un véritable « drame social ».

L’Observatoire Décentralisé de la RADDHO de Kédougou exprime sa profonde indignation face à cette situation alarmante et :

  • recommande au gouvernement sénégalais: 
  • D’appliquer strictement les lois existantes relatives à la maltraitance notamment la loi n° 2005-6 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées,
  • Mettre en place des stratégies de lutte contre toute forme d’impunité.
  • De traquer les agresseurs quelques soient leurs situations professionnelles, sociales et économiques,
  • Travailler en étroite collaboration avec les autorités gouvernementales et les principaux interlocuteurs des Etats majors généraux pour le respect strict et la mise en application effective des lois et règlements de notre pays.
  • Mettre en place d’autres stratégies permettant de mettre en place des programmes de civisme dans le corps des militaires et des paramilitaires afin que ces derniers aient un comportement plus responsable.

Rappelle à l’opinion nationale que la tuerie  loin d’être un moyen de persuasion met en péril la vie, la survie et le développement harmonieux des citoyens et sape les valeurs fondamentales de la dignité humaine, fondement de toute société régie par le droit. Il est temps que l’opinion publique rompe avec cette tolérance inouïe face au développement des  traitements cruels, inhumains et dégradants dont sont victimes des citoyens innocents.

Fait à Kédougou, le 27 septembre 2104

A  signé : 

Mor KHOUMA

Coordonnateur de l’Observatoire Décentralisé

Des Droits Humains de Kédougou.

 

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