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Dindéfélo : Les jeunes cogitent sur les dangers de l’émigration clandestine

 

Le Centre d’Appui à l’Autopromotion Locale (CAAL) de Dindéfélo a abrité ce mardi 23 janvier 2018  un atelier organisé par l’AILE et la Fondation Konrad Adenauer à Dindéfélo. Le thème a porté sur « émigration clandestine »

Cette rencontre a mobilisé, des jeunes  de Kédougou, Salémata, Dindéfélo et même de la Guinée Conakry. La cérémonie d’ouverture a été présidée par M Mamadou Moustapha Thiandoum en présence de M Kikala Diallo, Maire de la commune de Dindéfélo et de Mme Ute Bocandé, la chargée de Programmes de la Fondation Konrad Adenauer.

M Seydou Nourou Dia, le chargé de communication de l’OIM a saisi cette occasion pour rappeler aux participants la situation de l’émigration.

« Il existe présentement 214 millions de migrants dans le monde. Autrefois la migration se limitait entre les Etats africains.  Il n’y avait aucun problème. La migration saisonnière existait entre le Burkina-Faso, le Sénégal et Niger. Depuis que l’Afrique a commencé à enregistrer des crises, la guerre civile par ci, la sécheresse par là, des  problèmes ont commencé à se poser et à se compliquer de jour en jour. Les migrants ont commencé à changer de destination. Les migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest ont comme destination l’Espagne, l’Italie, la France, les USA. Les émigrés sénégalais ont pour destinations prisées la France, l’Italie et l’Espagne » a-t-il précisé.

En plus de rappeler les raisons de la migration qui sont d’ordre économique, environnemental, culturel, social et politique, le facilitateur a mis un accent particulier sur le mode opératoire des passeurs.

« Avec le soutien des passeurs, les migrants irréguliers se regroupent au Niger (Agadez) pour aller en Lybie .Bon nombre de ces migrants meurent en cours de route. Ceux qui sont pris sont emprisonnés. Les passeurs demandent aux parents des clandestins de leur envoyer de l’argent pour pouvoir obtenir la libération de leurs enfants détenus. En Afrique de l’Ouest dans l’espace CEDEAO  il n’y a pas de problème. Il y a la libre circulation des personnes et des biens ».

La migration clandestine, que de risques

La vie des jeunes migrants irréguliers est menacée. Ce circuit comporte beaucoup de risques (voyager dans des embarcations de fortune, marcher dans le désert, rester des jours sans manger ni boire, perdre la vie dans des conditions atroces…). Une fois dans les pays d’accueil, il faut beaucoup de temps pour régulariser sa situation. Il faut vivre de longues années dans la clandestinité. Le retour des émigrés pose beaucoup de problèmes

Pour apporter des solutions à cette migration irrégulière il a été préconisé la sensibilisation en montrant aux jeunes qu’il est possible de réussir au Sénégal.  Il faudra assurer la mise en place de projets et programmes pour mieux prendre en charge les questions d’emploi des jeunes. Il faudra amener les pouvoirs publics à mettre en place toutes les conditions pour fixer les jeunes dans leurs localités, dans leurs terroirs. Il faudra prendre en compte ces risques et retourner informer les autres jeunes, démanteler tous les réseaux de passeurs.

Prenant à tour de rôle la parole, la plupart des jeunes ont condamné l’occident pour s’être barricadé en ne facilitant pas l’accès de leurs pays aux jeunes qui sont curieux, et qui ont soif de découvrir. La jeunesse africaine est prise en otage. Les jeunes sont nombreux à ne pas être recrutés dans les projets aurifères de Kédougou. Voila des raisons qui motivent les jeunes à prendre ces risques.

Recommandations générales

Le partage des expériences sur la situation des émigrés à Besançon et sur le processus de réalisation du projet de création du village des Arts et du Développement Durable a abouti à la formulation des recommandations suivantes :

L’Etat doit créer les conditions pour trouver de l’emploi pour les jeunes et leur faire comprendre que le gain immédiat n’existe nulle part. Il faudra changer de fusil d’épaule sinon, on restera des éternels dépendants. Il faudrait qu’il y’ait plus de justice sociale, sinon rien ne marchera. Il faudra entreprendre quelque chose. Il faudra créer une adéquation entre la formation et l’emploi, Se méfier des mirages de l’Europe., Résister à la tentation et éviter d’être influencé par les biens des émigrés .S’abstenir de gaspiller ses ressources et son énergie pour prendre certains risques.

Les jeunes doivent se ressaisir. Les diplômes sont en déphasage avec les réalités du milieu. L’Etat ne peut pas tout faire, il faudra une reconversion des mentalités, faire la promotion de l’auto emploi. Les jeunes doivent avoir des initiatives de s’activer dans d’autres domaines. Il faudrait accorder beaucoup plus d importance à l’éducation des enfants.

Il faut que les gens acceptent de travailler, de s’investir pour avoir quelque chose. L’Etat doit faire des efforts. L’émigration  n’est pas la solution. On doit rester au pays et travailler pour le développement de nos localités respectives. A partir de notre base essayer de voir comment régler nos besoins.

« Nous avons bien saisi le message. Nous sommes contents de la rencontre nous jeunes nous devons nous donner la main. Si nous recevons de l »argent pour réaliser un projet, ne le détournons jamais de l’objectif pour lequel nous l’avons obtenu. Nous sommes ensemble et nous devrons continuer à être ensemble. Les frontières ne doivent pas nous séparer. Nous avons quasiment les mêmes réalités. Prenons notre courage en mains et pensons à réaliser des projets. L’attentisme ne fera qu’envenimer notre situation.  Engageons- nous sur le chemin du développement en essayant de mettre en place un projet fédérateur au niveau sous-régional » a témoigné M Mbemba Diallo, participant originaire de Lougué république de la Guinée Conakry

A son tour Mme Ute Bocandé, la chargée de programmes de la Fondation Konrad Adenauer a manifesté sa satisfaction de la réaction des participants.

« Je suis satisfait de cette rencontre. Parmi les participants il y a des candidats à l’émigration clandestine qui ont promis de renoncer à l’émigration. La thématique de l’émigration est un sujet d’actualité. Il y a beaucoup de potentialités dans  la région et la sous-région. Le projet intégrateur est une solution. Voyager c’est bon, il faut développer le tourisme intérieur. La curiosité est inhérente à la jeunesse.  La prochaine fois j’espère que chacun  viendra avec un ou deux projets » a-t-elle dit.

Le principal initiateur de cette activité, M Carim Camara, président de l’Association d’appui aux Initiatives Locales et à l’Environnement (AILE) n’a pas manqué de formuler les toutes dernières recommandations aux participants

« L’AILE restera toujours à l’écoute des échanges, des projets. C’est indispensable. Le gros travail que vous avez à l’épaule c’est de faire de sorte que les jeunes ne prennent pas le chemin de l’émigration clandestine. Le développement endogène doit partir de nous .l’AILE vient juste  pour poser les jalons. Ayons cette confiance, quand, il y a des problèmes, faisons  tout pour regarder à côté, peut-être qu’il y a certainement quelqu’un qui a réussi. Nous pourrons nous inspirer sur ses réussites et ses échecs pour mieux faire »

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