Les populations sont venues de toute la commune de Ninéfécha pour assister au point de presse organisé ce Mardi par un collectif de jeunes à Thiocoye, village situé à une trentaine de Km de Kédougou.

« La commune de Ninéfécha est malade dans son fonctionnement, malade de la fermeture de son hôpital, malade de gestion de l’éducation par son maire, malade de la dilapidation de son foncier et enfin malade du traitement réservé à sa jeunesse » a martelé Sory Cissé, conseiller municipal. Fortement applaudi, Sory Cissé a dénoncé « la fermeture quasi-systématique du siège de la collectivité locale ». Selon lui, « il faut en moyenne trois mois pour obtenir un papier de l’état civil  et seulement par prise de rendez-vous». Fort de l’appui des populations noires de colère, il décrie ce qu’il qualifie de «  gestion calamiteuse de la Mairie de Ninéfécha ».

Concernant l’éducation, M. Cissé se demande si « Dondo Keita n’est pas un enseignant tellement l’école est reléguée au second plan ». Pire soutient-il, « les fournitures sont trop peu ou arrivent avec beaucoup de retard ».

Sory Cissé et ses camarades réclament la réouverture de l’hôpital de Ninéfécha qui permettait à des milliers de personnes de se soigner. « Maintenant que l’hôpital est entre des mains non initiées, tout le monde fustige la léthargie de ce joyau » regrette-t-il. « Il faut faire quelque chose pour rouvrir notre patrimoine » réclame-t-il.

D’autres secteurs évoqués dans ce point de presse qui a drainé du monde, le foncier et le sport. Pour le porte-parole du jour, « le conseil ne parle de foncier que quand il s’agit de délibérer pour des projets ou des amodiataires ». A une exception près, les demandes sont versées dans les tiroirs de l’oubli, avance M. Cissé. Le sport ne se porte pas mieux, laisse-t-il entendre avec des finales non jouées, des subventions aux associations de jeunes jamais arrivées…

Pour lui, « Dondo Keita surfe sur la division pour se maintenir» et il en appelle à une véritable unité des villages. Mieux défend M. Cissé, « le maire ignore la loyauté parce qu’il ne respecte aucune discipline de parti ».

Des imams, des chefs de villages, des responsables de jeunes et de femmes ont aussi montré leur amertume contre leur maire qui ne ferait que ce servir des communautés.

Ce point de presse est le deuxième du genre après celui à Dindéfélo le 04 Novembre qui avait mobilisé de nombreuses personnes appelant son départ.

Assiste-t-on à un printemps des maires dans la région ? En tout cas, les points semblent loin d’être finis.

 Carim Camara

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