Faute de moyens, elle abandonne tôt l’école mais reste confrontées aux réalités de la vie à Kédougou. Trouvera-t-elle un jour le bonheur dans ces sites d’orpaillage où rien ne s’offre gratuitement         ?

Fanta Sadia Kamassokho, Laminya

« J’ai abandonné l’école en classe de cinquième. Je ne pouvais plus continuer mes études car mes parents n’avaient plus de moyens pour m’acheter les fournitures scolaires. Chaque année, les prix des fournitures et les inscriptions montent. Apres avoir quitté l’école, je me suis mariée. Là aussi, depuis que mon époux est allé à l’immigration, il n’arrive pas à joindre les deux bouts. Il n’a pas encore réussi à obtenir tous ses papiers. En tant que  sans-papier, le peu que mon époux gagne ne lui permet pas de faire certains transferts d’argent. C’est pourquoi, j’ai décidée de me débrouiller ici. Au début, je préparais des repas  que je venais vendre ici dans les sites d’orpaillage. J’ai vite compris que c’était une activité difficile. Je transportais sur ma tête 5 à 6 kg de riz, et je marchais 4 à 5 km tous les jours pour venir sur le site. Parfois, il me fallait vendre tout à crédit. Beaucoup d’orpailleurs  ne remboursaient leurs dettes que quand ils gagnaient de l’or. J’ai vite compris que ce commerce de repas ne pouvait pas prospérer et j’ai décidé d’arrêter. Depuis lors, je me consacre au travail autour des puits. Je fais remonter le sable du fond des puits en tirant la corde. Comme, nous  n’avons pas d’autres moyens dans nos maisons, nous sommes obligées de faire ces types de travaux. Le fait de marcher de Laminya au site d’orpaillage de Samécouta est difficile à plus forte raison que de faire remonter le sable. L’Etat doit nous venir en aide ».

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