En séjour dans le Département de l’Isère, notre envoyé spécial Adama Diaby a sillonné la campagne française  dans le Trieves. La ferme Gabert développe un modèle d’agriculture biologique qui résiste face à certains aléas.

Perchée à plus de 750 m d’altitude, la ferme Gabert est une ferme biologique du village Clelles situé dans le Trieves à environ 70 km de Grenoble (département de l’Isère).  Depuis bientôt un siècle, la ferme Gabert est exploitée de père en fils par la même famille. Ayant évolué depuis leur tendre enfance dans le secteur de l’agriculture, M Ailloud-Perraud Thierry et son  frère M Eric Thierry n’avaient pas d’autres options que de reprendre la relève. Ils sont aujourd’hui une fierté pour leurs parents et pour le reste du village de Clelles.

« Dans cette ferme Gabert, notre famille exploite aujourd’hui 140 ha de terres dont les 50 lui appartiennent. Nous avons  dû louer le reste des terres soit 90 ha pour pouvoir étendre nos emblavures. Nous produisons principalement du blé, du seigle, de l’engrain (vieille espèce de blé), du grand épeautre, du méteil (mélange de blé et de pois), de la pomme de terre (sur une superficie de 10ha), de l’orge pour la fabrication du whisky, du tournesol, du colza et du Sarrazin pour la fabrication de l’huile » a confié M Ailloud-Perraud Thierry.

La ferme Gabert est loin d’être une petite entreprise agricole familiale. Sur place, une pléthore de machines agricoles, un outillage nécessaire à la mise en œuvre de toutes activités pré et post-récolte. La ferme a embauché également une troisième personne chargée d’assurer sur place la maintenance et la réparation des machines.

Malgré leur engagement, dans cette ferme, M Ailloud-Perraud Thierry et son  frère M Eric Thierry font face à des difficultés de toutes sortes. Ils trouvent toujours des alternatives face à la plupart de ces obstacles.

« Ici, la pratique de l’agriculture est marquée par des hivers très froids et des étés très chauds. Nous travaillons sans labours pour maintenir le sol dans un bon état. Pour faire face aux aléas climatiques, nous cultivons dans le même champ  deux variétés différentes de blé. Nous cultivons plus de diversités possibles pour avoir une belle récolte. Nous privilégions l’association des cultures et l’inter-culture » a précisé M Thierry.

Il faut signaler que la ferme Gabert bénéficie du soutien de l’Union Européenne à travers le gouvernement français qui lui attribue chaque année des subventions.

Cependant M Ailloud-Perraud Thierry déplore le fait que jusqu’à présent l’Etat Français ne lui a pas encore versé la subvention de l’année 2018. Cette subvention d’environ 28 000 Euros  ne sert généralement même pas à éponger certaines charges de l’entreprise. Les cotisations sociales de la ferme Gabert s’élèvent par an à 30000 Euros. Ce qui prouve quelque part les  difficultés de trésorerie de l’entreprise.

M Ailloud-Perraud Thierry, l’un des piliers de la ferme Gabert reste un fervent défenseur du consommer local, un humaniste.

« Les paysans africains sont mes frères et je ne veux pas détruire leur agriculture avec mon blé. Mon blé que j’ai ici est destiné pour une consommation locale, pour des gens qui vont faire du pain. Le blé du Sénégal, c’est le fonio. Que les producteurs sénégalais produisent du fonio. S’il manque du fonio, une année, nous pourrons leur faire parvenir du blé. Notre objectif principal c’est de nourrir les gens autour de nous » a -t-il recommandé

Adama Diaby à Trieves (Grenoble) 

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