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Kédougou : Alerte ! le fleuve Falémé est en danger

La Direction Régionale de l’Environnement et des Etablissements Classés (DREEC) de Kédougou a déployé ce lundi 27 Août 2018, une mission pour constater  les différentes  pressions exercées sur  les ressources en eau de la Falémé. Le constat est amer, la Falémé est en danger.

La délégation s’est rendue d’abord à Kolia un village de la commune de Bembou (Département de Saraya). Le village de Kolia est  situé à environ 113 km de Kédougou. Il n’y a que le fleuve Falémé qui fait office de frontière entre Kolia et Moussala Mahinamine, le premier village Malien.

A Kolia, la vie de la population est intimement liée au fleuve Falémé. Hélas, aujourd’hui, c’est un triste sort qui est réservé à ce cours d’eau jadis poissonneux.

« Autrefois nous nous ravitaillions en eau de boisson à partir de ce fleuve. Il y‘avait beaucoup de poissons. Nous faisions le linge et prenions nos bains dans ce fleuve. Depuis 2 ou 3 ans avec l’avènement du  dragage par les maliens, l’eau a commencé à changer de couleur. Les poissons ont disparu. Beaucoup de gens qui s’activaient dans la pêche ont été contraints de changer de métier. Avec les trous creusés ça et là dans le fleuve, les enfants n’osent plus aller s’y baigner. C’est vraiment regrettable » a témoigné M Kharifa Dansokho, le bras droit du chef de village de Kolia

Revenant sur les initiatives prises depuis lors pour arrêter cette pollution et les solutions  envisageables dans le futur, notre interlocuteur de préciser :

« Nous avons beau lutter contre nos voisins maliens, leurs comportements restent les mêmes. Ils n’ont fait que changer le fusil d’épaule. Ils se sont repliés vers la rive droite, du côté malien pour continuer à faire le dragage dans le fleuve Falémé. II revient à l’Etat de nous aider à solutionner ce problème de dragage du fleuve Falémé qui appartient à plusieurs pays. Si la pollution des eaux continue de cette façon, notre vie sera de plus en plus menacée. Ce fleuve est un bien commun à préserver » a-t-il ajouté.

A notre grande surprise à quelques encablures de là, côté sénégalais, à Kolia, même sur la rive  gauche du fleuve Falémé, à perte de vue, une pléthore d’unités de traitement de l’or. Dans un ronronnement infernal, des orpailleurs, débout, s’activent au lavage des roches réduites en poudre par des engins appelés « cracheurs ». Du fait de l’inclinaison des planches, une bonne partie de l’eau boueuse, rougeâtre finit sa course dans le fleuve Falémé.  Placées à un pas du fleuve, des pompes fonctionnant à plein régime laissent couler de temps en autre de l’essence et des huiles qui poursuivent le reste de leur vie dans la Falémé. Un décor inimaginable qui ne dérange personne dans ce milieu où  seul l’argent compte. Adieu à la prise de conscience par rapport aux questions environnementales. Pourtant le danger est imminent. Reste à voir si l’Etat prendra les mesures qui s’imposent pour stopper ces comportements à risques.

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