Colonel Abdoulaye Diop, Directeur des Parcs Nationaux  lance une alerte

 «Tant que la précarisation et la désertification se poursuivront autour du parc, ce ne  serait qu’un ilot de richesses qu’on cherchera à défendre dans un océan de désolation »

« J’ai commencé à travailler au Niokolo Koba le 20 janvier 1982. Cela fait 37 aujourd’hui. L’ignorance des limites est une chose  commune dans toutes les aires protégées .En  1986 quand j’étais conservateur des Eaux de la Madeleine le premier grief pour les gens c’est de connaitre les limites du parc. Ils les connaissent mais jusqu’à présent si vous allez à Soumbédioune les gens  vous diront que les limites ne sont pas claires autour de l’ile. Ça  c’est un problème. On nous l’a enseigné et l’expérience nous a édifiés, en matière de conservation tout succès contient les germes de son échec à cause des convoitises que cela suscite. Aujourd’hui quand on parle du Niokolo Koba les gens ne pensent qu’aux animaux, mais ils oublient que le Niokolo Koba est le  dernier boisement naturel du pays /Sénégal. Et comme preuve, si vous quittez Dakar jusqu’à Diénoundialla presque tout est désert. Aujourd’hui, je  disais aux conservateurs que si on ne trouve pas d’alternative au  crintin ce sera un problème dans un proche  avenir puisqu’il n’existerait plus de bambou dans le Niokolo Koba. Vous avez vu tous les matériaux de construction des populations ? Vous voyez  comment elles sont  dépendantes des bambous. Cela veut dire que même si on est lai y a des médiateurs, la pression sur le parc  continuera à s’exercer. Tant que la précarisation et la désertification se poursuivront autour du parc, ce ne  serait qu’un ilot de richesses qu’on cherchera à défendre dans un océan de désolation. C’est ce que nous sommes en train de vivre.

Au mois de mars dernier j’étais parti  au delta du Saloum. Préfets et maires,  tout le monde nous  disait, la partie forestière  qui reste au delta du Saloum, il faut la clôturer sinon on ne peut pas la sauver. On n’en est pas encore  arrivé ici au Niokolo. En tout cas personne n’est épargné. J’invite mes amis de PMC à travers tout ce qui a été dit  de célébrer le 22 mai 2019, journée mondiale de la biodiversité soit célébrée ici. »

Propos recueillis par Yoro Diallo pour echosdescollines.com

 

 

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